Conférence …

Le 12 décembre 2018 , j’ai participé aux conférences Vendée Talks 2018 organisées par LE CERA et St GAB . Voici le texte de ma contribution …

 

Provoquer l’avenir avec la Sérendipité Intentionnelle©

 

Je voudrais commencer par vous poser une question :

  • Aujourd’hui, .. ou ces derniers jours, … qu’est-ce que vous avez vécu .. de surprenant, d’inattendu, d’imprévu ?

Moi, je me pose cette question le plus souvent possible.

Parce que, depuis que je suis gamin , je suis fasciné par cette histoire que l’on m’a racontée , l’histoire d’un grand navigateur , au quinzième siècle , qui cherchait une nouvelle route pour les Indes et qui aurait découvert l’Amérique ! Et c’était totalement imprévu !

Peter Drucker, pape du management moderne, a consacré un livre à l’innovation. Il y décrit 7 sources d’innovation et il affirme que la première source d’innovation c’est justement l’imprévu  , l’inattendu.

Depuis , j’ai appris que cela s’appelle la Sérendipité ! La Sérendipité c’est le fait de trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas.

Sé-ren-di-pi-té, le mot sonne un peu bizarre, mais il n’y en a pas d’autre. On parle quelque fois de hasard ,  de chance … mais la sérendipité c’est quelque chose de bien plus complexe et de bien plus riche que seulement du hasard ou de la chance.  Quelque chose qui a à voir avoir l’inattendu, l’imprévu, avec l’inconnu. …

Il y a un peu plus de soixante ans, à Marcq-en-Baroeul, dans l’usine Delespaul-Havez, on faisait des caramels. Les responsables ont eu l’idée d’associer le cacao et le caramel … juste parce qu’ils avaient un surplus de cacao. Une des machines de l’usine s’est déréglée, et les caramel sont sortis en barre , des caramels en barre : ils avaient créé à la fois le Carambar et  la machine à faire les Carambar … sans étude de marché, sans R&D, … surprenantinattendu, imprévu !.

Dans les années 60, chez 3M , un chercheur , Spencer Silver , travaillait à des adhésif « plus grands, plus résistants, plus forts » … il ne cherchait pas une colle qui ne colle pas !! et qui a pu , quelques années plus tard , donner le Post-It(c)  … surprenantinattendu, imprévu !.

Il existe des dizaines et des dizaines d’exemples célèbres : c’est l’histoire de la découverte de l’Amérique, du Brésil, de la pénicilline par Fleming, de la grotte de Lascaux.  C’est aussi le Velcro, le Kevlar, l’aspartame, le Nutella, le VTT, le camping-car, le combi Volkswagen, le nylon, le téflon, le four à micro-ondes, la tarte Tatin, …,  avec parfois une part de légende sans doute.

On trouve quelque chose en cherchant autre chose, on trouve par erreur, par maladresse, on trouve parce qu’il manque quelque chose (c’est l’innovation frugale) ou au contraire parce qu’il y en a trop, on trouve en observant la nature (c’est le bio mimétisme), on trouve en écoutant et en observant les salariés, les clients, et on peut même quelquefois trouver sans chercher !

Ce qui me plait dans la sérendipité , c’est de  s’intéresser  à ce que l’on trouve ! Et ce qui est formidable, c’est que puisqu’il s’agit de découvertes , les temps d’étude, de recherche, de conception, de tests sont considérablement réduits …

Alors, pourquoi est-ce que l’on n’en parle pas davantage ?

C’est la première source d’innovation : combien d’heures de cours, combien d’heures d’entrainement au collège, au lycée ? pourquoi est-ce qu’on ne l’enseigne pas ?

Louis Pasteur a dit : « le hasard ne favorise que les esprits préparés »

Moi j’avais bien l’intention d’être un esprit préparé … je travaille sur ce concept depuis plusieurs années… et je m’entraine pour développer et encourager une posture particulière …

Pourquoi et comment peut-on se préparer à l’imprévu, à l’inattendu ?

Ce que je propose, c’est d’apprivoiser l’inconnu , d’apprécier l’imprévu … et, surtout, d’en faire quelque chose.

Oui, parce que j’ai appris que l’on m’avait raconté des bêtises :

Christophe Colomb n’a jamais , jamais découvert l’Amérique … il est bien arrivé du côté des Antilles en octobre 1492, mais jusqu’à sa mort, 14 ans plus tard, il a toujours proclamé être arrivé aux Indes … comme prévu ! parce que c’est ce qu’il cherchait ! ce qu’il avait prévu et qu’il ne pouvait pas s’en détacher.

J’ai un contre-exemple : dans les années 90 , les chercheurs des laboratoires Pfizer travaillaient sur un médicament pour traiter une maladie cardiaque, l’angine de poitrine … le médicament était en test auprès de groupes de femmes et d’hommes … et là une partie de la population masculine a fait état d’effets secondaires imprévus … Et c’est ainsi que les chercheurs ont su qu’ils avaient trouvé un médicament contre l’impuissance, et que Pfizer a gagné beaucoup d’argent, avec le Viagra !  Ça peut paraitre évident aujourd’hui, mais on peut très bien imaginer que ce n’était pas forcément facile pour les chercheurs d’abandonner leur piste première, de peut-être confier à d’autres les nouveaux développements, et que certains auraient pu préférer corriger les effets secondaires, ou documenter la notice  … « ce médicament peut provoquer, chez certains sujets de sexe masculin des effets secondaires indésirables, … . » !! …  et bien non , ils ont eu plus de lucidité que Christophe Colomb !

C’est pourquoi, après ma question «  qu’est-ce que j’ai vécu de surprenant, inattendu, imprévu … » je vous propose quatre autres questions essentielles:

  1. Qu’est ce qui s’est passé ? en détail et en détail
  2. Qu’y avait-il de positif ? sinon ça m’intéresse peu, c’est un choix
  3. Qu’est-ce que cela m’apprend ?
  4. Et surtout : Qu’est-ce que je peux en faire ?

Et là , plus je pratique  ce petit exercice , et plus je transforme l’imprévu en saisie d’opportunités.

Et si j’en fais quelque chose, à partir de l’inattendu je fabrique de l’innovation.

Et si je le pratique souvent, j’en fais une posture du quotidien … Une posture qui permet une innovation de tous les instants, sur tous les sujets.

C’est ce que le sociologue Norbert Alter appelle L’innovation Ordinaire ! C’est une innovation ouverte, en particulier à ceux dont ce n’est pas le métier (R&D, marketing).

Ce n’est pas naturel

Pour la plupart d’entre nous, nous nous appuyons sur une éducation ( bien « cartésienne » et un peu binaire) et nous avons entendu le message  « Manager , c’est prévoir ».

De ce fait, face à l’imprévu nous développons au moins deux réflexes :

  • Premièrement , la crainte, la peur de l’inconnu
  • Et deuxièmement, c’est lié, la fameuse résistance au changement.

Et bien, grâce à sérendipité, avec un peu d’entrainement, on peut transformer cette énergie de « résistance au changement » en quelque chose qui serait plutôt de la souplesse, et qui se traduit par un réflexe positif : quel apprentissage, quelle innovation , y a-t-il à observer, à découvrir ?

Et je trouve dans la sérendipité tellement de richesse, je trouve ça tellement surprenant, tellement positif que je n’ai qu’une envie : en rencontrer plus souvent !

C’est ce que j’appelle la Sérendipité Intentionnelle :

La sérendipité Intentionnelle , c’est une posture qui favorise l’émergence de l’inattendu , le plus souvent possible !

C’est à la fois très simple et pas toujours facile à mettre en œuvre

Parce que la sérendipité intentionnelle, c’est un oxymore, c’est une posture en paradoxe:

  • Premièrement, du lâcher-prise et de l’humilité: accepter les faits, prendre le temps d’écouter, d’observer, de découvrir,
  • Et deuxièmement, en même temps, de l’action: mise en œuvre, développement, innovation.

Pour cela, je m’appuie sur une autre question , que nous pouvons partager :

Demain, dans les jours qui viennent, qu’est-ce que je vais faire, qu’est-ce que je vais mettre en œuvre, pour susciter la sérendipité …  pour rencontrer quelque chose de surprenant, d’inattendu, d’imprévu ? et, bien sûr, espérer pouvoir en faire ou en apprendre quelque chose.

Alors on peut se donner des petits exercices extrêmement simples … je pourrai aussi vous en proposer de plus sophistiqués , et d’autres que l’on peut jouer avec des équipes , notamment en entreprise…

Aussi , avant de vous quitter je voudrais illustrer par trois exemples très faciles , que chacun peut mettre en œuvre :

  1. Tout d’abord, l’avenir , ça commence tout à l’heure. Alors, tout à l’heure, en sortant des conférences, je vous propose d’échanger avec des personnes que vous ne connaissez pas … et plus particulièrement avec des personnes assez différentes de votre entourage habituel !
  2. Puis, dans les jours qui viennent, je vous propose de laisser une demi-journée, ou une journée, totalement vide sur votre agenda : rien de prévu … pour laisser place à l’imprévu.
  3. Et dans les mois qui viennent , je vous suggère de vous inscrire à toutes les soirées du CERA… même si , ou surtout si , le sujet est assez éloigné de vos préoccupations habituelles.

Et comme vous trouverez ça très riche, et très amusant, j’en suis sûr, vous chercherez comme moi d’autres astuces pour susciter le changement , trouver des solutions qui émergent  de l’inconnu et de l’inattendu.

Le thème de cette soirée c’est : La meilleure façon de prédire l’avenir est de le créer !

De toutes façons on ne pourra pas prévoir cet avenir , de plus en plus complexe et incertain.

Mais surtout , à trop prévoir, on risquerait de pas se rendre compte que ce que l’on a trouvé c’est l’Amérique !

En complément de la créativité,  le travail sur la sérendipité nous apprend que cet avenir, cet inconnu qu’il nous faut apprivoiser , c’est surtout un réservoir incroyable d’opportunités à DECOUVRIR ! puis exploiter.

Et, pour susciter l’inattendu,  avec les outils de la sérendipité intentionnelle , je vous assure que l’avenir, c’est un inattendu que nous pouvons PROVOQUER !

Ma méthode pourrait tenir en quelques mots sur un Post-It :

  • Provoquer l’inattendu,
  • Observer
  • Utiliser

L’avenir commence dans quelques secondes … alors je vous laisse en vous proposant que nous devenions des PROVOCATEURS DE L’AVENIR !

Merci de votre attention,

Jean-Yves GERMAIN /  jy.germain@gmail.com

 

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10 raisons de cultiver la sérendipité pour innover

10 raisons de cultiver la sérendipité pour innoverLa sérendipité qualifie le fait de « trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas ». Il arrive que ce soit parce que l’on cherchait autre chose, par contrainte, par accident ou maladresse, …

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6 types de sérendipité

La sérendipité qualifie le fait de « trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas ». Il arrive que ce soit parce que l’on cherchait autre chose, par contrainte, par accident ou maladresse, …

Les trouvailles inattendues représentent une source d’innovations au potentiel extraordinaire … à condition que l’on y soit attentif.

Six types de sérendipité

L’observation de la sérendipité est alimentée en permanence à travers les récits d’inventeurs qui ont bénéficié de ces découvertes inattendues. Compte tenu de la richesse et de la diversité des exemples, il est nécessaire de déterminer différents types de sérendipité pour mieux les analyser.

 On pourra alors aisément se rendre compte que :

  • premièrement, la sérendipité peut se provoquer !! (c’est notre concept de « sérendipité intentionnelle©« )
  • deuxièmement, la sérendipité fait appel à de nombreuses ressources, et pas seulement la chance, la curiosité et l’ouverture comme nous le lisons trop souvent dans de nombreux articles sur le sujet.

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CELSA Entreprendre : Conversation Stratégique du 19 juin 2015

Le 19 juin, nous avons parlé sérendipité au CELSA , Mastère spécialisé CELSA Entreprendre (Innovation et création d’entreprise dans la communication et les médias)

Un résumé de l’après-midi : http://www.celsa-entreprendre.fr/2015/06/conversation-strategique-du-19-juin.html

 

Ateliers IDEES

COMMENT METTRE EN ŒUVRE UN MANAGEMENT FAVORISANT L’ÉCLOSION DES IDÉES ET L’INNOVATION AU QUOTIDIEN ?

Présentation/découverte des concepts de Sérendipité Intentionnelle©, et des outils et méthodes associés.

A l’issue de cette présentation, nous proposons de rejoindre un de nos groupes de formation. Ces groupes fermés, de 6 personnes minimum à 10 personnes maximum, apprennent la démarche et les outils du « Coaching de Sérendipité© » de façon intégrative en les appliquant sur leurs propres cas pratiques. Le 1er module de cette formation se déroule sur 3 jours à raison d’un jour par mois (planification en fonction des participants). Ces formations sont proposées à Angers, Nantes et La Roche sur Yon.

Formations assurées par Jean-Yves GERMAIN et Philippe CASTAN

Contactez nous :

Biomimétisme : quand le dindon inspire un detecteur chimique portable

La nature est riche d’exemples qui inspirent les innovations.

Parmi les nombreux exemples de découvertes par sérendipité nous retrouvons les apports du biomimétisme : le Velcro®, la surface des ailes d’avion, etc … (un article et quelques exemples ici).

Une nouvelle illustration vient de nous en être apportée par des chercheurs, cités dans cet article du journal lepoint.fr :

« Quand le dindon inspire un détecteur chimique portable.

Des chercheurs se sont inspirés du dindon et de la faculté de sa peau à changer de couleur pour créer un détecteur capable de signaler la présence de substances chimiques dangereuses dans l’air à l’aide d’un simple téléphone portable.

« Dans notre laboratoire, nous étudions comment la lumière est créée et change de nature, et ensuite nous utilisons ce que nous apprenons pour fabriquer de nouveaux appareils », résume Seung-Wuk Lee, qui enseigne la bio-ingénierie à l’Université de Californie, à Berkeley (USA).

Et curieusement, le scientifique s’est intéressé aux propriétés physiques de la dinde, plat de fête traditionnel aux Etats-Unis.

« Oiseau aux sept visages »

Il s’avère que la peau du dindon est capable de passer du rouge au bleu et du bleu au blanc grâce à des « paquets » de collagène (protéine fibreuse, la plus répandue dans le règne animal) parsemés de vaisseaux sanguins très denses. Une caractéristique qui lui vaut son nom d' »oiseau aux sept visages » en coréen et en japonais.

… lire la suite …

Sérendipité et Recherche …

Les difficultés de Sanofi seraient dues à un manque de sérendipité …

Je vous invite à découvrir et lire le très intéressant article de Pierre Allain, médecin, sur le site Pharmacorama : http://www.pharmacorama.com/ezine/20121020111537.php

Merci à Claude Monneret qui me l’a signalé.

Avec son confrère Claude Bohuon, Claude Monneret , docteur es-sciences et membre de l’académie de pharmacie, à publié aux éditions EDP sciences, un livre intitulé « Fabuleux hasards: histoire de la découverte de médicaments » (une trentaine) qui relate comment innovation thérapeutique et sérendipité ont été étroitement liées (et le sont toujours : cf. baclofène, viagra … ) Claude Monneret ajoute : la mise en équation préalable de toute recherche comme cela se pratique de plus en plus en milieu industriel et universitaire est un frein à l’innovation

Dirigeants, acceptez l’incertitude et adoptez la sérendipité

Pour être un bon dirigeant, acceptez l’incertitude !

Au sommet Think global d’IBM à New York, le directeur du MIT Media Lab Joichi Ito a invité les dirigeants à adopter la sérendipité.

Extraits d’un article de Andrew Nusca traduit sur le site smartplanet.fr  (vous pouvez consulter l’article initial 

« Les dirigeants sont surévalués. » C’est sur ces mots que Joichi Ito, directeur du MIT Media Lab, a commencé sa présentation au sommet mondial des dirigeants Think global d’IBM à New York, déclenchant les rires et peut-être le courroux de quelques détenteurs de MBA.

Les exemples de Mozilla (Firefox) et Wikipédia : « L’open source est intéressant parce que les personnes décident de ce qu’elles veulent faire », a-t-il souligné (…) « Nous pensons que ce qui gouverne le monde, c’est l’intérêt personnel éclairé. C’est faux: en réalité, c’est la collaboration. » À Wikipédia, a-t-il indiqué, la communauté pousse ses membres vers des rôles de dirigeant. Ils ne les cherchent pas activement, comme le font les titulaires de MBA une fois leur diplôme obtenu. « L’idée, c’est de s’assurer que les personnes sont sensibles les unes aux autres, et de laisser cette diversité exploser. » C’est pourquoi à Wikipédia des juges fédéraux passent leurs week-ends à rédiger du code avec des mordus d’informatique. « Vous ne pourriez jamais les convaincre de le faire, même en les payant », a-t-il commenté en souriant …

Accepter le chaos mais ne jamais être totalement satisfait : Le monde est majoritairement incontrôlable et compliqué, constate Joichi Ito. Les jeunes acceptent le chaos, mais à mesure qu’ils prennent de l’âge, ils sont réduits à produire, protéger et accumuler, au lieu de continuer à apprendre. « Il faut enseigner à la nouvelle génération ce mystère, cette merveille », préconise-t-il. « C’est la clé pour vivre dans ce monde: ne jamais être totalement satisfait. » Les adultes ne doivent pas avoir peur du changement, assure Joichi Ito. Ils doivent au contraire retrouver cette intrépidité propre aux enfants. « Je ne crois pas aux plans. Je ne peux me concentrer que sur le court terme. C’est pourquoi j’ai quitté quelques-unes des meilleures universités d’Amérique. » Tout commence par l’éducation, notamment une éducation guidée par l’intérêt. Prenez un ingénieur et un designer: ils sont rarement d’accord. Ils se disputent sur la théorie et ne parviennent pas à comprendre la façon dont l’autre voit le monde. Mais si vous leur donnez un projet physique à mener? Que se passe-t-il alors? « Les choses deviennent un peu moins personnelles », estime Joichi Ito. « Vous créez des choses et vous les laissez itérer. Parfois, vous vous trompez, mais vous vous servez de vos erreurs pour évoluer. »

Au Media Lab, Joichi Ito ne recrute que des enseignants qui peuvent créer des choses. L’idée est de réduire les disputes et d’augmenter le flux de solutions. « Il faut plus d’argent pour trouver comment planifier quelque chose que pour l’essayer », constate-t-il. « Vous ne pouvez pas vous en remettre au hasard ou à la chance si vous planifiez tout. » C’est pourquoi les enfants en apprennent davantage sur le rôle de dirigeant en lançant des raids dans le jeu multijoueur en ligne World of WarCraft qu’en lisant des études de cas d’entreprises. Cet apprentissage métaphorique est précisément la raison pour laquelle les étudiants en MBA ont souvent tendance à obtenir des scores médiocres à ce type de jeux: ils sont habitués à ce que les personnes fassent ce qu’on leur dise, explique Joichi Ito, et l’incertitude qui suit le moment qui n’arrive pas est ce qui les rend perplexes.

« Vous devez abandonner l’idée que vous pourrez tout comprendre sans exception. »

En tant que dirigeant, ne craignez pas le chaos. En revanche, cherchez des modèles pour être plus préparé à relever les défis, conseille Joichi Ito. « Lorsque vous avez une crainte quelle qu’elle soit, c’est probablement la chose sur laquelle vous vous trompez », conclut Joichi Ito.

Classifications de sérendipité

Classifications de sérendipité

Pourquoi classer ?

Les livres et les sites Internet recensent de nombreux cas de sérendipité. Ceux-ci sont tellement nombreux et divers qu’il vient naturellement un besoin de les classer.

Plusieurs auteurs proposent des classifications ou des typologies de cas de sérendipité. Chacune répond à un besoin spécifique … Je recense ici quelques exemples (pour plus de détails, je vous  renvoie aux auteurs) et je propose une typologie adaptée à une réflexion utile à la créativité et à l’innovation en entreprise.

Un classement pour montrer :

  • Pour décrire, citer, montrer les multiples manifestations du phénomène « d’effet Serendip », il est utile de classer une grande quantité de cas triés par leur sphère d’application. Ce type de classement est intéressant si l’on cherche l’impact de la sérendipité dans différents domaines d’activité, quelle qu’en soit l’origine, ou la manifestation.
  • L’article « Liste des découvertes et inventions liées au hasard », Wikipedia, recense ainsi réparti 177 cas en 6 domaines (tels que découvertes, chimie, physique, produits alimentaires, … eux-mêmes décomposés en 28 catégories (par exemple, la catégorie « physique » se décompose en « classique », « physique nucléaire », « nanotechnologies », « autres découvertes »)

Un classement pour comprendre :

  • Regrouper des cas à l’aide de ce qui semble être la cause (ou les circonstances) de leur manifestation, offre le grand intérêt de pouvoir travailler la compréhension de ce phénomène. Est-il possible d’en déduire des facteurs favorables ? Ces classements permettront-ils de déterminer, au delà  des circonstances favorables, des outils qui stimuleraient les possibilités créatrices…
  • Fernand Lot, écrivain français (1956) cité par Pek van Andel (« De la sérendipité », p113) proposait 16 types de sérendipité tels que « fait d’observation banale », « fait d’observation singulière »,…, « expérience fortuite s’ajoutant à une expérience en cours », … (voir en fin d’article)
  • Pek van Andel propose une classification du même style, en 40 types (dans l’ouvrage « De la sérendipité », il classe ainsi la description de plus de 130 cas. Exemple de types : « observation surprenante liée à une comparaison », « observation surprenante occasionnée par un contrôle », « observation surprenante faite par A et expliquée par B », … etc. (voir en fin d’article)

Un classement pour l’entreprise :

  • Jean-Louis SWINERS (www.serendipite-strategique.com) propose 4 grands types de sérendipité stratégique pour l’entreprise (d’autres types pouvant regrouper des manifestations de sérendipité dans d’autres domaines tels que l’archéologie, l’art, ou la vie courante … ). Ces quatre types sont :
  1. SERENDIPITE 1 : Fait de trouver (découvrir, inventer) par hasard, par chance ou par accident autre chose et parfois tout autre chose et même parfois le contraire de ce que l’on cherchait (et de trouver en l’état) ; ET DE SE RENDRE COMPTE DE SON INTÉRÊT OU DE SON IMPORTANCE.
  2. SERENDIPITE 2 : Fait de trouver (découvrir, inventer) quelque chose que l’on cherchait (objet, solution, etc.) mais, à la suite d’un accident plus ou moins malheureux ou d’une erreur, par un moyen imprévu ; ET DE S’EN RENDRE COMPTE.
  3. SERENDIPITE 3 : Fait de trouver par hasard, par accident ou par chance une application imprévue à quelque chose ; ET DE S’EN RENDRE COMPTE.
  4. SERENDIPITE 4 : Faculté de trouver par accident, hasard ou chance l’idée d’une innovation.

Un classement pour stimuler créativité et innovation en entreprise :

  • Je propose une classification simple et claire dont l’objectif est de favoriser la compréhension de survenance du phénomène, l’identification des facteurs de succès et des freins. Ce travail a permis de construire une approche d’outils de créativité et d’accompagnement de l’innovation … (pour davantage d’informations : « coaching de sérendipité »©)

Cette classification répartit les cas de sérendipité en 6 types :

  • Type A : … en cherchant autre chose
  • Type B : … suite à une erreur ou par maladresse
  • Type C : … par nécessité ou par contrainte
  • Type D : … par l’attention portée aux clients
  • Type E : … par analogie, en observant autre chose
  • Type F : … en ne cherchant rien

Chacun de ces types, en analysant des cas de sérendipité s’y rattachant, permet de déterminer des facteurs de succès, et de construire des solutions de formation, de conseil et d’accompagnement pour le management. Ces solutions, originales, et personnalisables, permettront de tirer le meilleur profit de la sérendipité, car, comme le disait Pasteur, « le hasard ne favorise que les esprits préparés ».

La classification de Fernand LOT

Fernand LOT est cité (page 113) par Pek van Andel et Danièle BOURCIER dans le livre « De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit. Leçons de l’inattendu » (Edition l’Act Mem, 2009).

Source des auteurs : F LOT, Les jeux du hasard et du génie, le rôle de la chance dans la découverte, Paris, Librairie Plon, 1956, p. 219-220.

Voici les 16 types de sérendipité de Fernand LOT :

  1. Fait d’observation banale
  2. Fait d’observation singulière
  3. Expériences multipliées au hasard
  4. Expériences entreprises en vue d’un certain objectif et qui conduisent à un tout autre résultat
  5. Expérience fortuite s’ajoutant à une expérience en cours
  6. Expérience recommencée non intentionnellement dans des conditions différentes
  7. Expérience intentionnellement recommencée par cause d’incident technique
  8. Expérience réussie par mégarde
  9. Expérience réussie par négligence
  10. Expérience réussie par erreur
  11. Expérience réussie par zèle fantaisie
  12. Expérience réussie par trop de hâte
  13. Expérience réussie par manque d’un accessoire
  14. Expérience réussie par hypothèses inexactes
  15. Expérience réussie par une déconvenue
  16. Expérience réussie par le moindre incident qui déclencha l’intuition

La classification de Pek van Andel et Danièle Bourcier

Dans les livres « De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit. Leçons de l’inattendu » (Edition l’Act Mem, 2009) et « La Sérendipité, le hasard heureux » (Edition Hermann, 2011), les auteurs nous proposent une classification en 40 types. Même si je pense que cette classification est difficile à utiliser telle quelle, elle offre une grande richesse de description des différents cas de sérendipité.

Pour davantage de détails, de nombreux exemples détaillés, je recommande fortement la lecture de ces deux ouvrages : ils sont très complets et passionnants …

Voici la liste des 40 types de sérendipité :

  1. Observation surprenante suivie d’une abduction correcte
  2. Répétition de la même observation surprenante
  3. Plusieurs observations surprenantes et différentes d’un même phénomène
  4. Observation surprenante d’un phénomène analogue dans un même contexte
  5. Observation surprenante d’un phénomène analogue hors du contexte
  6. Observation surprenante dans la nature vivante appliquée à la technique : bionique
  7. Bionique inversée : la technique aide à comprendre la nature
  8. Observation surprenante d’une analogie dans la vie quotidienne
  9. Observation surprenante grâce a un nouvel instrument ou appareil
  10. Observation surprenante liée à une comparaison
  11. Observation surprenante occasionnée par un contrôle
  12. Observation surprenante faite par A et expliquée par B
  13. Confirmation accidentelle d’une prédiction théorique
  14. Deux observations différentes faites par des chercheurs indépendants
  15. L’erreur magistrale
  16. Observation surprenante faite par un chercheur grâce à l’erreur de son assistant
  17. Malheur sublime
  18. D’un effet secondaire non voulu a un effet primaire voulu
  19. D’un sous-produit secondaire à un produit primaire (spin-off)
  20. L’expérience naturelle
  21. L’usage alternatif et imprévu
  22. Une hypothèse fausse mais fertile
  23. La trouvaille inversée
  24. L’absence d’hypothèse
  25. Tests scientifiques d’un folklore surprenant
  26. Observation surprenante faite par un animal, un enfant ou un étudioant naïf
  27. Rencontre accidentelle entre deux ou plusieurs chercheurs
  28. Brouillage
  29. Une anomalie quantitative ou « la méthode des résidus »
  30. Réaction au manque ou à la rareté
  31. Occasion, improvisation, émergence
  32. Interruption du travail
  33. Le jeu
  34. Blague, farce
  35. Illumination subite, intuition, rêve, « hasard intime »
  36. Révolution imprévue
  37. Non sérendipité présentée comme sérendipité
  38. Sérendipité fabriquée mais présentée comme authentique
  39. Sérendipité cachée par le créateur même
  40. Sérendipité réelle mais non perçue par le chercheur

Innovez ! Une injonction des parties prenantes

Innovez ! Une injonction des parties prenantes :

Dans le monde économique, la pression est forte, les difficultés importantes … Concurrence ? Mondialisation?

La pression concurrentielle n’est pas nouvelle, elle a toujours obligé les entreprises à s’adapter et les managers y sont formés dans les écoles. La mondialisation n’est pas, non plus, un phénomène nouveau : elle est même, au XVème siècle, la raison du financement des bateaux de Christophe COLOMB, puis de VASCO DE GAMA, après les expéditions de MARCO POLO ! Le management devrait y être préparé … Ne serait-ce pas la difficulté d’innover sans cesse que révèlent ces justifications ?

La montée récente des concepts de développement durable et de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) contraint l’entreprise (et les hommes et les femmes qui la dirigent et qui y travaillent) à ne plus répondre seulement à des impératifs comptables, ni seulement à des lois dites d’offre et de demande. Les anglo-saxons disent qu’elle ne doit plus se préoccuper uniquement des shareholders (actionnaires) mais des stakeholders (traduit en français par « parties prenantes », beaucoup moins expressif).

  • Le mot stakeholders est construit par analogie avec shareholders (share = action /  stake = intérêt). Les stakeholders ou parties prenantes représentent l’ensemble des personnes ou organisations directement ou indirectement concernées par la marche d’une entreprise.

S’adresser et répondre à l’ensemble des « parties prenantes » signifie se préoccuper à la fois des actionnaires, des  investisseurs, des clients, des fournisseurs, des concurrents, des employés, des partenaires, des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, des associations, des ONG, des médias, etc., c’est à dire de tous ceux (personnes physiques ou morales) qui peuvent être concernés, de près ou de loin par l’entreprise… Et l’on sait bien que parmi tous ces « intérêts » nombre d’entre eux sont  parfaitement incompatibles.

L’innovation et le changement, absolument nécessaires, ne sauraient donc se limiter à de nouveaux produits ou services, ni à de nouveaux marchés ou segments de clients : tous les champs doivent être explorés pour, non seulement survivre, mais aussi améliorer la performance et la compétitivité.
La créativité doit s’exprimer dans toutes les directions…