( Sérendipité )

Sérendipité

Le 12 octobre 1492, Christophe COLOMB, en cherchant une nouvelle route pour les Indes, découvre l’Amérique. En septembre 1928, en rentrant de vacances, FLEMING découvre la pénicilline, grâce à des boîtes de Pétri distraitement oubliées. Ces évènements, remarquables, sont exemplaires d’un phénomène en réalité très fréquent : la capacité à trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas, phénomène que l’on appelle la sérendipité.

L’histoire des sciences et des découvertes fourmille d’exemples. Certains sont avérés, d’autres moins avoués, et les légendes en ont créé ou embelli de nombreux autres. On attribue au hasard, ou en tous cas à l’imprévu, des découvertes et des innovations telles que la pasteurisation (Louis PASTEUR), le principe de champagnisation (Dom Pérignon),  la pénicilline (Sir Alexander FLEMING), les rayons X (Wilhelm RONTGEN), la vulcanisation du caoutchouc (Charles GOODYEAR), une colle qui ne colle pas (et qui amène au « Post It”), le Coca-Cola, le CARAM’BAR, le Viagra …

Apparu dans le Larousse avec l’édition 2012, sérendipité est un néologisme, adaptation de l’anglais serendipity. Le mot est apparu en 1754 sous la plume de Horace WALPOLE, en référence à un conte persan, « Les trois princes de Serendip ».

Horace WALPOLE (1717-1797), comte d’ORFORD, est un écrivain britannique ; il donna un nouveau style à l’histoire (Doutes historiques sur la vie et le règne de Richard III, 1760), et fut un des pionniers du roman noir (le Château d’Otrante, 1764) (source : Larousse.fr)

Le texte de ce conte est disponible sur le site Wikisource : http://fr.wikisource.org/wiki/Voyages_et_aventures_des_trois_princes_de_Serendip


Les publications anglo-saxonnes sont nombreuses sur le sujet, elles sont plus rares en français, et, en général, elles portent peu sur le domaine de l’entreprise et du management. Quelques articles intéressants abordent cette notion à propos de l’usage des techniques de gestion de l’information et de la communication : Web 2.0, réseaux sociaux, documentologie, méga bases de données permettent de manipuler tellement d’informations que l’inattendu et l’imprévu y ont incontestablement leur place.

(à ce sujet, voir les articles de Olivier Ertzscheid, ici : http://owni.fr/2010/02/04/ingenieries-de-la-serendipite, ou sur son blog : http://affordance.typepad.com)

La sérendipité ne doit pas se confondre avec le hasard. Si les découvertes par sérendipité sont imprévues, inattendues,  en général, elles ne sont nullement inexplicables, et ne sauraient être comparées au jeté de dés ! Si Christophe COLOMB découvre l’Amérique, ce n’est pas « par hasard » : partant vers l’Ouest (parce qu’il sait que la Terre est ronde), il est inévitable que ses bateaux rencontrent le nouveau continent, même si c’est tellement inattendu que Colomb niera jusqu’à sa mort avoir atteint un autre but que celui qu’il s’était fixé …

La sérendipité est-elle un cocktail de chance, de flair, de créativité, de perspicacité, d’opportunisme, de lucidité, de sagacité, de clairvoyance ?

Un peu de tout cela, sans doute.

Serait-ce si simple pour autant ?

Trouver autre chose que ce que l’on cherchait : à qui n’est-il jamais arrivé de rentrer du marché, de la grande surface de bricolage, d’une brocante … avec quelque chose que l’on n’avait pas prévu d’acheter, autre chose que ce que l’on était venu chercher ! Quand les professionnels du marketing établissent les circuits de distribution c’est bien pour utiliser notre capacité inconsciente à la sérendipité.

Alors, pourquoi cela peut-il fonctionner aussi efficacement dans ce type de situation, et être aussi peu étudié, et aussi peu exploité dans un cadre d’innovation professionnelle ? Est-ce parce que les enjeux psychologiques, en particulier les peurs conscientes ou inconscientes, ne sont pas les mêmes ?

Ainsi, alors que la créativité a suscité la production de nombreuses recherches et de nombreux ouvrages de théorie et de management, il existe peu de littérature, ni de recherche en français traitant directement du sujet de la sérendipité ; en conséquence, cette notion est absente de la formation et de la culture des managers.

Quand travailler la créativité s’intéresse à « chercher« , travailler la sérendipité s’intéresse à « trouver« , à « découvrir » (ainsi qu’à l’exploration et l’exploitation du trouvé) … Ce travail trouve sa justification dans les paroles de Pasteur : « le hasard ne favorise que les esprits préparés » !

En s’appuyant sur les concepts et outils liés à la sérendipité, il est possible de concevoir des propositions (innovantes, bien sûr)  pour accompagner, pour stimuler les innovations.

Ce blog est une invitation à aller plus loin …

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