Conférence …

Le 12 décembre 2018 , j’ai participé aux conférences Vendée Talks 2018 organisées par LE CERA et St GAB . Voici le texte de ma contribution …

 

Provoquer l’avenir avec la Sérendipité Intentionnelle©

 

Je voudrais commencer par vous poser une question :

  • Aujourd’hui, .. ou ces derniers jours, … qu’est-ce que vous avez vécu .. de surprenant, d’inattendu, d’imprévu ?

Moi, je me pose cette question le plus souvent possible.

Parce que, depuis que je suis gamin , je suis fasciné par cette histoire que l’on m’a racontée , l’histoire d’un grand navigateur , au quinzième siècle , qui cherchait une nouvelle route pour les Indes et qui aurait découvert l’Amérique ! Et c’était totalement imprévu !

Peter Drucker, pape du management moderne, a consacré un livre à l’innovation. Il y décrit 7 sources d’innovation et il affirme que la première source d’innovation c’est justement l’imprévu  , l’inattendu.

Depuis , j’ai appris que cela s’appelle la Sérendipité ! La Sérendipité c’est le fait de trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas.

Sé-ren-di-pi-té, le mot sonne un peu bizarre, mais il n’y en a pas d’autre. On parle quelque fois de hasard ,  de chance … mais la sérendipité c’est quelque chose de bien plus complexe et de bien plus riche que seulement du hasard ou de la chance.  Quelque chose qui a à voir avoir l’inattendu, l’imprévu, avec l’inconnu. …

Il y a un peu plus de soixante ans, à Marcq-en-Baroeul, dans l’usine Delespaul-Havez, on faisait des caramels. Les responsables ont eu l’idée d’associer le cacao et le caramel … juste parce qu’ils avaient un surplus de cacao. Une des machines de l’usine s’est déréglée, et les caramel sont sortis en barre , des caramels en barre : ils avaient créé à la fois le Carambar et  la machine à faire les Carambar … sans étude de marché, sans R&D, … surprenantinattendu, imprévu !.

Dans les années 60, chez 3M , un chercheur , Spencer Silver , travaillait à des adhésif « plus grands, plus résistants, plus forts » … il ne cherchait pas une colle qui ne colle pas !! et qui a pu , quelques années plus tard , donner le Post-It(c)  … surprenantinattendu, imprévu !.

Il existe des dizaines et des dizaines d’exemples célèbres : c’est l’histoire de la découverte de l’Amérique, du Brésil, de la pénicilline par Fleming, de la grotte de Lascaux.  C’est aussi le Velcro, le Kevlar, l’aspartame, le Nutella, le VTT, le camping-car, le combi Volkswagen, le nylon, le téflon, le four à micro-ondes, la tarte Tatin, …,  avec parfois une part de légende sans doute.

On trouve quelque chose en cherchant autre chose, on trouve par erreur, par maladresse, on trouve parce qu’il manque quelque chose (c’est l’innovation frugale) ou au contraire parce qu’il y en a trop, on trouve en observant la nature (c’est le bio mimétisme), on trouve en écoutant et en observant les salariés, les clients, et on peut même quelquefois trouver sans chercher !

Ce qui me plait dans la sérendipité , c’est de  s’intéresser  à ce que l’on trouve ! Et ce qui est formidable, c’est que puisqu’il s’agit de découvertes , les temps d’étude, de recherche, de conception, de tests sont considérablement réduits …

Alors, pourquoi est-ce que l’on n’en parle pas davantage ?

C’est la première source d’innovation : combien d’heures de cours, combien d’heures d’entrainement au collège, au lycée ? pourquoi est-ce qu’on ne l’enseigne pas ?

Louis Pasteur a dit : « le hasard ne favorise que les esprits préparés »

Moi j’avais bien l’intention d’être un esprit préparé … je travaille sur ce concept depuis plusieurs années… et je m’entraine pour développer et encourager une posture particulière …

Pourquoi et comment peut-on se préparer à l’imprévu, à l’inattendu ?

Ce que je propose, c’est d’apprivoiser l’inconnu , d’apprécier l’imprévu … et, surtout, d’en faire quelque chose.

Oui, parce que j’ai appris que l’on m’avait raconté des bêtises :

Christophe Colomb n’a jamais , jamais découvert l’Amérique … il est bien arrivé du côté des Antilles en octobre 1492, mais jusqu’à sa mort, 14 ans plus tard, il a toujours proclamé être arrivé aux Indes … comme prévu ! parce que c’est ce qu’il cherchait ! ce qu’il avait prévu et qu’il ne pouvait pas s’en détacher.

J’ai un contre-exemple : dans les années 90 , les chercheurs des laboratoires Pfizer travaillaient sur un médicament pour traiter une maladie cardiaque, l’angine de poitrine … le médicament était en test auprès de groupes de femmes et d’hommes … et là une partie de la population masculine a fait état d’effets secondaires imprévus … Et c’est ainsi que les chercheurs ont su qu’ils avaient trouvé un médicament contre l’impuissance, et que Pfizer a gagné beaucoup d’argent, avec le Viagra !  Ça peut paraitre évident aujourd’hui, mais on peut très bien imaginer que ce n’était pas forcément facile pour les chercheurs d’abandonner leur piste première, de peut-être confier à d’autres les nouveaux développements, et que certains auraient pu préférer corriger les effets secondaires, ou documenter la notice  … « ce médicament peut provoquer, chez certains sujets de sexe masculin des effets secondaires indésirables, … . » !! …  et bien non , ils ont eu plus de lucidité que Christophe Colomb !

C’est pourquoi, après ma question «  qu’est-ce que j’ai vécu de surprenant, inattendu, imprévu … » je vous propose quatre autres questions essentielles:

  1. Qu’est ce qui s’est passé ? en détail et en détail
  2. Qu’y avait-il de positif ? sinon ça m’intéresse peu, c’est un choix
  3. Qu’est-ce que cela m’apprend ?
  4. Et surtout : Qu’est-ce que je peux en faire ?

Et là , plus je pratique  ce petit exercice , et plus je transforme l’imprévu en saisie d’opportunités.

Et si j’en fais quelque chose, à partir de l’inattendu je fabrique de l’innovation.

Et si je le pratique souvent, j’en fais une posture du quotidien … Une posture qui permet une innovation de tous les instants, sur tous les sujets.

C’est ce que le sociologue Norbert Alter appelle L’innovation Ordinaire ! C’est une innovation ouverte, en particulier à ceux dont ce n’est pas le métier (R&D, marketing).

Ce n’est pas naturel

Pour la plupart d’entre nous, nous nous appuyons sur une éducation ( bien « cartésienne » et un peu binaire) et nous avons entendu le message  « Manager , c’est prévoir ».

De ce fait, face à l’imprévu nous développons au moins deux réflexes :

  • Premièrement , la crainte, la peur de l’inconnu
  • Et deuxièmement, c’est lié, la fameuse résistance au changement.

Et bien, grâce à sérendipité, avec un peu d’entrainement, on peut transformer cette énergie de « résistance au changement » en quelque chose qui serait plutôt de la souplesse, et qui se traduit par un réflexe positif : quel apprentissage, quelle innovation , y a-t-il à observer, à découvrir ?

Et je trouve dans la sérendipité tellement de richesse, je trouve ça tellement surprenant, tellement positif que je n’ai qu’une envie : en rencontrer plus souvent !

C’est ce que j’appelle la Sérendipité Intentionnelle :

La sérendipité Intentionnelle , c’est une posture qui favorise l’émergence de l’inattendu , le plus souvent possible !

C’est à la fois très simple et pas toujours facile à mettre en œuvre

Parce que la sérendipité intentionnelle, c’est un oxymore, c’est une posture en paradoxe:

  • Premièrement, du lâcher-prise et de l’humilité: accepter les faits, prendre le temps d’écouter, d’observer, de découvrir,
  • Et deuxièmement, en même temps, de l’action: mise en œuvre, développement, innovation.

Pour cela, je m’appuie sur une autre question , que nous pouvons partager :

Demain, dans les jours qui viennent, qu’est-ce que je vais faire, qu’est-ce que je vais mettre en œuvre, pour susciter la sérendipité …  pour rencontrer quelque chose de surprenant, d’inattendu, d’imprévu ? et, bien sûr, espérer pouvoir en faire ou en apprendre quelque chose.

Alors on peut se donner des petits exercices extrêmement simples … je pourrai aussi vous en proposer de plus sophistiqués , et d’autres que l’on peut jouer avec des équipes , notamment en entreprise…

Aussi , avant de vous quitter je voudrais illustrer par trois exemples très faciles , que chacun peut mettre en œuvre :

  1. Tout d’abord, l’avenir , ça commence tout à l’heure. Alors, tout à l’heure, en sortant des conférences, je vous propose d’échanger avec des personnes que vous ne connaissez pas … et plus particulièrement avec des personnes assez différentes de votre entourage habituel !
  2. Puis, dans les jours qui viennent, je vous propose de laisser une demi-journée, ou une journée, totalement vide sur votre agenda : rien de prévu … pour laisser place à l’imprévu.
  3. Et dans les mois qui viennent , je vous suggère de vous inscrire à toutes les soirées du CERA… même si , ou surtout si , le sujet est assez éloigné de vos préoccupations habituelles.

Et comme vous trouverez ça très riche, et très amusant, j’en suis sûr, vous chercherez comme moi d’autres astuces pour susciter le changement , trouver des solutions qui émergent  de l’inconnu et de l’inattendu.

Le thème de cette soirée c’est : La meilleure façon de prédire l’avenir est de le créer !

De toutes façons on ne pourra pas prévoir cet avenir , de plus en plus complexe et incertain.

Mais surtout , à trop prévoir, on risquerait de pas se rendre compte que ce que l’on a trouvé c’est l’Amérique !

En complément de la créativité,  le travail sur la sérendipité nous apprend que cet avenir, cet inconnu qu’il nous faut apprivoiser , c’est surtout un réservoir incroyable d’opportunités à DECOUVRIR ! puis exploiter.

Et, pour susciter l’inattendu,  avec les outils de la sérendipité intentionnelle , je vous assure que l’avenir, c’est un inattendu que nous pouvons PROVOQUER !

Ma méthode pourrait tenir en quelques mots sur un Post-It :

  • Provoquer l’inattendu,
  • Observer
  • Utiliser

L’avenir commence dans quelques secondes … alors je vous laisse en vous proposant que nous devenions des PROVOCATEURS DE L’AVENIR !

Merci de votre attention,

Jean-Yves GERMAIN /  jy.germain@gmail.com

 

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10 raisons de cultiver la sérendipité pour innover

10 raisons de cultiver la sérendipité pour innoverLa sérendipité qualifie le fait de « trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas ». Il arrive que ce soit parce que l’on cherchait autre chose, par contrainte, par accident ou maladresse, …

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Sérendipité et Recherche …

Les difficultés de Sanofi seraient dues à un manque de sérendipité …

Je vous invite à découvrir et lire le très intéressant article de Pierre Allain, médecin, sur le site Pharmacorama : http://www.pharmacorama.com/ezine/20121020111537.php

Merci à Claude Monneret qui me l’a signalé.

Avec son confrère Claude Bohuon, Claude Monneret , docteur es-sciences et membre de l’académie de pharmacie, à publié aux éditions EDP sciences, un livre intitulé « Fabuleux hasards: histoire de la découverte de médicaments » (une trentaine) qui relate comment innovation thérapeutique et sérendipité ont été étroitement liées (et le sont toujours : cf. baclofène, viagra … ) Claude Monneret ajoute : la mise en équation préalable de toute recherche comme cela se pratique de plus en plus en milieu industriel et universitaire est un frein à l’innovation

Sérendipité et recherche scientifique Cedric VILLANI : « Je crois au hasard »

Cédric VILLANI, grand mathématicien récemment honoré de la médaille Fields (l’équivalent du prix NOBEL pour les mathématiciens), est interviewé pour National Geographic Sciences, a propos du rôle du hasard dans la recherche scientifique.

Voir la vidéo sur Youtube

Pour lui, comme pour de très nombreux chercheurs, les liens entre hasard, inattendu, imprévu, et découvertes scientifiques sont indéniables. Avant de conclure par un « je crois au hasard », Cédric VILLANI fait référence, dans cet interview, à des exemples qu’il a lui même vécus.

Et il ajoute :

  • « il s ‘agit de provoquer le hasard »
  • « il s’agit de tirer parti du hasard »
  • « ce sont des choses qui s’apprennent »

Ce qui est vrai pour les scientifiques l’est également pour les managers. Pour provoquer le hasard, en tirer parti, le coaching de sérendipité©, que nous vous proposons, c’est l’opportunité de renforcer les capacités créatives et innovantes en entreprise.

Peut-on provoquer ou enseigner la sérendipité ?

Peut-on provoquer ou enseigner la sérendipité ?

Si la question est posée, c’est qu’elle peut paraître surprenante …

Pourtant Louis PASTEUR disait « Le hasard ne favorise que les esprits préparés« , ce qui sous-entend que l’on peut préparer les esprits, c’est à dire former, accompagner.

Porteurs du concept de coaching de sérendipité©, nous en sommes convaincus.

Danièle BOURCIER, du CNRS, aborde cette question dans un article récent ( CAES du CNRS – LE MAGAZINE – n° 97 – décembre 2011); en voici l’extrait :

Peut-on provoquer ou enseigner la sérendipité ? Le colloque de Cerisy sur la sérendipité a rassemblé des artistes, des dramaturges, des chercheurs de différentes disciplines dans une approche – naturellement – transdisciplinaire. Cette expérience leur a permis d’échanger sur leurs démarches qui se sont révélées très proches. Et deux communautés se sont montrées les plus intéressées par ce concept : celle de l’éducation, et le monde de l’entreprise. Les chercheurs utilisent déjà la sérendipité au quotidien. Et certaines disciplines, comme la physique et la chimie, sont constitutionnellement plus aptes à la comprendre. Comme le dit le physicien Jean-Marie Brom : « La sérendipité, j’en vis. »

L’article complet : CNRS – CAES decembre2011   ou ici .

Danièle BOURCIER est co-auteur avec Pek Van ANDEL de plusieurs ouvrages sur la sérendipité : voir bibliographie.

SOS – La sérendipité serait-elle en péril sur le net ?

La sérendipité est-elle le propre de l’homme ? ou pour le moins ce qui le distinguerait de la machine ?

Sur le net, automatismes divers nous encadrent et nous guident … au détriment des richesses de l’inconnu, de la surprise, de la sérendipité.

Je vous recommande cet article du site RSLN

Ainsi que celui-ci sur le site numerama  ( la sérendipité comme prétexte ? )

A suivre …

Les aventures des trois princes de Serendip

Pour revenir aux sources de ce mot étrange, je recommande cet ouvrage qui vient de paraître, aux Editions MARCHAISSE : Les aventures des trois princes de Sérendip.

Mot de l’éditeur (extrait) : Oubliés depuis le XVIIIe siècle, ces contes n’ont rien perdu de leur charme. Mais l’identité de leur auteur, leur genèse et leur destin posthume soulèvent des questions non moins fascinantes. Dominique Goy-Blanquet, Marie-Anne Paveau et Aude Volpilhac nous invitent à redécouvrir ici l’oeuvre du chevalier de Mailly et à voyager avec elles en sérendipité, de la Perse à l’Italie, de l’Angleterre de Walpole à la philosophie des sciences, et d’Internet à l’art de trouver ce que l’on ne cherche pas.

Pour en savoir plus , cliquez sur l’image :

 

Classifications de sérendipité

Classifications de sérendipité

Pourquoi classer ?

Les livres et les sites Internet recensent de nombreux cas de sérendipité. Ceux-ci sont tellement nombreux et divers qu’il vient naturellement un besoin de les classer.

Plusieurs auteurs proposent des classifications ou des typologies de cas de sérendipité. Chacune répond à un besoin spécifique … Je recense ici quelques exemples (pour plus de détails, je vous  renvoie aux auteurs) et je propose une typologie adaptée à une réflexion utile à la créativité et à l’innovation en entreprise.

Un classement pour montrer :

  • Pour décrire, citer, montrer les multiples manifestations du phénomène « d’effet Serendip », il est utile de classer une grande quantité de cas triés par leur sphère d’application. Ce type de classement est intéressant si l’on cherche l’impact de la sérendipité dans différents domaines d’activité, quelle qu’en soit l’origine, ou la manifestation.
  • L’article « Liste des découvertes et inventions liées au hasard », Wikipedia, recense ainsi réparti 177 cas en 6 domaines (tels que découvertes, chimie, physique, produits alimentaires, … eux-mêmes décomposés en 28 catégories (par exemple, la catégorie « physique » se décompose en « classique », « physique nucléaire », « nanotechnologies », « autres découvertes »)

Un classement pour comprendre :

  • Regrouper des cas à l’aide de ce qui semble être la cause (ou les circonstances) de leur manifestation, offre le grand intérêt de pouvoir travailler la compréhension de ce phénomène. Est-il possible d’en déduire des facteurs favorables ? Ces classements permettront-ils de déterminer, au delà  des circonstances favorables, des outils qui stimuleraient les possibilités créatrices…
  • Fernand Lot, écrivain français (1956) cité par Pek van Andel (« De la sérendipité », p113) proposait 16 types de sérendipité tels que « fait d’observation banale », « fait d’observation singulière »,…, « expérience fortuite s’ajoutant à une expérience en cours », … (voir en fin d’article)
  • Pek van Andel propose une classification du même style, en 40 types (dans l’ouvrage « De la sérendipité », il classe ainsi la description de plus de 130 cas. Exemple de types : « observation surprenante liée à une comparaison », « observation surprenante occasionnée par un contrôle », « observation surprenante faite par A et expliquée par B », … etc. (voir en fin d’article)

Un classement pour l’entreprise :

  • Jean-Louis SWINERS (www.serendipite-strategique.com) propose 4 grands types de sérendipité stratégique pour l’entreprise (d’autres types pouvant regrouper des manifestations de sérendipité dans d’autres domaines tels que l’archéologie, l’art, ou la vie courante … ). Ces quatre types sont :
  1. SERENDIPITE 1 : Fait de trouver (découvrir, inventer) par hasard, par chance ou par accident autre chose et parfois tout autre chose et même parfois le contraire de ce que l’on cherchait (et de trouver en l’état) ; ET DE SE RENDRE COMPTE DE SON INTÉRÊT OU DE SON IMPORTANCE.
  2. SERENDIPITE 2 : Fait de trouver (découvrir, inventer) quelque chose que l’on cherchait (objet, solution, etc.) mais, à la suite d’un accident plus ou moins malheureux ou d’une erreur, par un moyen imprévu ; ET DE S’EN RENDRE COMPTE.
  3. SERENDIPITE 3 : Fait de trouver par hasard, par accident ou par chance une application imprévue à quelque chose ; ET DE S’EN RENDRE COMPTE.
  4. SERENDIPITE 4 : Faculté de trouver par accident, hasard ou chance l’idée d’une innovation.

Un classement pour stimuler créativité et innovation en entreprise :

  • Je propose une classification simple et claire dont l’objectif est de favoriser la compréhension de survenance du phénomène, l’identification des facteurs de succès et des freins. Ce travail a permis de construire une approche d’outils de créativité et d’accompagnement de l’innovation … (pour davantage d’informations : « coaching de sérendipité »©)

Cette classification répartit les cas de sérendipité en 6 types :

  • Type A : … en cherchant autre chose
  • Type B : … suite à une erreur ou par maladresse
  • Type C : … par nécessité ou par contrainte
  • Type D : … par l’attention portée aux clients
  • Type E : … par analogie, en observant autre chose
  • Type F : … en ne cherchant rien

Chacun de ces types, en analysant des cas de sérendipité s’y rattachant, permet de déterminer des facteurs de succès, et de construire des solutions de formation, de conseil et d’accompagnement pour le management. Ces solutions, originales, et personnalisables, permettront de tirer le meilleur profit de la sérendipité, car, comme le disait Pasteur, « le hasard ne favorise que les esprits préparés ».

La classification de Fernand LOT

Fernand LOT est cité (page 113) par Pek van Andel et Danièle BOURCIER dans le livre « De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit. Leçons de l’inattendu » (Edition l’Act Mem, 2009).

Source des auteurs : F LOT, Les jeux du hasard et du génie, le rôle de la chance dans la découverte, Paris, Librairie Plon, 1956, p. 219-220.

Voici les 16 types de sérendipité de Fernand LOT :

  1. Fait d’observation banale
  2. Fait d’observation singulière
  3. Expériences multipliées au hasard
  4. Expériences entreprises en vue d’un certain objectif et qui conduisent à un tout autre résultat
  5. Expérience fortuite s’ajoutant à une expérience en cours
  6. Expérience recommencée non intentionnellement dans des conditions différentes
  7. Expérience intentionnellement recommencée par cause d’incident technique
  8. Expérience réussie par mégarde
  9. Expérience réussie par négligence
  10. Expérience réussie par erreur
  11. Expérience réussie par zèle fantaisie
  12. Expérience réussie par trop de hâte
  13. Expérience réussie par manque d’un accessoire
  14. Expérience réussie par hypothèses inexactes
  15. Expérience réussie par une déconvenue
  16. Expérience réussie par le moindre incident qui déclencha l’intuition

La classification de Pek van Andel et Danièle Bourcier

Dans les livres « De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit. Leçons de l’inattendu » (Edition l’Act Mem, 2009) et « La Sérendipité, le hasard heureux » (Edition Hermann, 2011), les auteurs nous proposent une classification en 40 types. Même si je pense que cette classification est difficile à utiliser telle quelle, elle offre une grande richesse de description des différents cas de sérendipité.

Pour davantage de détails, de nombreux exemples détaillés, je recommande fortement la lecture de ces deux ouvrages : ils sont très complets et passionnants …

Voici la liste des 40 types de sérendipité :

  1. Observation surprenante suivie d’une abduction correcte
  2. Répétition de la même observation surprenante
  3. Plusieurs observations surprenantes et différentes d’un même phénomène
  4. Observation surprenante d’un phénomène analogue dans un même contexte
  5. Observation surprenante d’un phénomène analogue hors du contexte
  6. Observation surprenante dans la nature vivante appliquée à la technique : bionique
  7. Bionique inversée : la technique aide à comprendre la nature
  8. Observation surprenante d’une analogie dans la vie quotidienne
  9. Observation surprenante grâce a un nouvel instrument ou appareil
  10. Observation surprenante liée à une comparaison
  11. Observation surprenante occasionnée par un contrôle
  12. Observation surprenante faite par A et expliquée par B
  13. Confirmation accidentelle d’une prédiction théorique
  14. Deux observations différentes faites par des chercheurs indépendants
  15. L’erreur magistrale
  16. Observation surprenante faite par un chercheur grâce à l’erreur de son assistant
  17. Malheur sublime
  18. D’un effet secondaire non voulu a un effet primaire voulu
  19. D’un sous-produit secondaire à un produit primaire (spin-off)
  20. L’expérience naturelle
  21. L’usage alternatif et imprévu
  22. Une hypothèse fausse mais fertile
  23. La trouvaille inversée
  24. L’absence d’hypothèse
  25. Tests scientifiques d’un folklore surprenant
  26. Observation surprenante faite par un animal, un enfant ou un étudioant naïf
  27. Rencontre accidentelle entre deux ou plusieurs chercheurs
  28. Brouillage
  29. Une anomalie quantitative ou « la méthode des résidus »
  30. Réaction au manque ou à la rareté
  31. Occasion, improvisation, émergence
  32. Interruption du travail
  33. Le jeu
  34. Blague, farce
  35. Illumination subite, intuition, rêve, « hasard intime »
  36. Révolution imprévue
  37. Non sérendipité présentée comme sérendipité
  38. Sérendipité fabriquée mais présentée comme authentique
  39. Sérendipité cachée par le créateur même
  40. Sérendipité réelle mais non perçue par le chercheur

De la sérendipité … : Leçons de l’inattendu

De la sérendipité dans la science, la technique, l’art et le droit : Leçons de l’inattendu (Pek van ANDEL & Danièle BOURCIER, Ed° L’Act Mem, 2009)

4ème de couverture :

Sérendipité… vous ne connaissez pas encore ce mot ?

C’est le don de faire des trouvailles, de trouver ce qu’on ne cherche pas, dans la science, la technique, l’art, la politique, le droit. Ce sont des découvertes, des inventions et des créations « accidentelles ». Un cas de sérendipité, par définition, est une observation surprenante suivie d’une explication juste.

Ce mot imprononçable forgé par Horace Walpole en 1754 et utilisé d’abord par des bibliomanes, a été importé par les sciences exactes, puis par les sciences sociales et le monde de la décision.

Ce livre décrit la théorie, la pratique, des types et des cas de sérendipité : chaque cas est une idée forte, une leçon d’interprétation de l’inattendu, comme la radioactivité naturelle ou l’effet pervers d’une loi. Il rend compte de la part du hasard comme source d’improvisation dans la genèse des idées et l’histoire des hommes.

Pek van Andel, chercheur en sciences médicales à l’Université Groningue et Danièle Bourcier, directrice de recherche au CNRS en sciences sociales, explorent la sérendipité dans tous les domaines. Cet ouvrage, illustré et documenté, s’adresse à tout créateur, innovateur, lecteur curieux. Et bien sûr, parce que ce sujet est didactique et drôle, aux enseignants et aux chercheurs, qui s’y reconnaîtront.

 

La sérendipité, le hasard heureux

La sérendipité, le hasard heureux (Sous la direction de Danièle BOURCIER et Pek van ANDEL Ed° Hermann, 2011)

4ème de couverture :

Loin d’être issue du domaine scientifique, la notion de sérendipité vient du conte du poète persan Amir Khursrau, Les pérégrinations des trois fils du roi de Serendip. Ce conte pose en 1302 les fondements de ce qu’Horace Walpole nommera en 1754, serendipity faisant référence à ces trois princes : « making discoveries, by accident & sagacity, of things they were not in quest of »

L’histoire de la sérendipité s’est construite autour de ces deux termes – accidents et sagacité – auxquels se sont ajoutés les idées d’imprévu, de hasard et d’imagination dans le processus de découverte. La sérendipité peut relever de l’erreur, de la chance, de la maladresse ou de circonstances inattendues mais, dans tous les cas, il a fallu un esprit curieux et préparé pour faire une interprétation réussie de choses qu’il ne recherche pas (rayons X, Post-it ou musique concrète)

Ce livrer retrace des cas de sérendipité puisés dans les sciences (médecine, chimie, mathématiques, physique nucléaire, sociologie, anthropologie, droit, urbanisme…), les arts (littérature, musique, théâtre, peinture…), la politique, la psychanalyse, le management et l’Internet. Mais la sérendipité œuvre aussi dans notre imaginaire collectif et dans notre vie quotidienne. C’est pourquoi les expériences vécues, les aventures, les contes et même l’histoire du vin et de la cuisine nous montrent la richesse de ce phénomène nomade qui traverse les frontières de l’imagination humaine.

La sérendipité peut-elle s’enseigner en théorie et en pratique ? Peut-on, par la réflexion, la formation et l’exercice, apprendre à réagir, de façon créative, à la surprise ? Pour la première fois, chercheurs, artistes et philosophes, réunis pendant une décade à Cerisy, tentent d’explorer les multiples approches de ce phénomène universel et idée forte et de les transmettre de façon ludique, critique ou passionnée au grand public.

Les auteurs :

Danièle Bourcier, directrice de recherche au CNRS et membre du comité d’éthique des sciences (COMETS). Elle étudie les interactions entre sciences du droit et monde numérique et s’intéresse aux décisions et aux lois complexes comme sources d’effets imprévus.
Pek van Andel, chercheur en sciences médicales à l’Université de Groningue. Spécialiste mondial de la sérendipité, il a écrit le premier article sur ce thème dans British Journal for Philisophy of Science en 1994 et donne de multiples conférences sur le sujet.