La sérendipité, le hasard heureux

La sérendipité, le hasard heureux (Sous la direction de Danièle BOURCIER et Pek van ANDEL Ed° Hermann, 2011)

4ème de couverture :

Loin d’être issue du domaine scientifique, la notion de sérendipité vient du conte du poète persan Amir Khursrau, Les pérégrinations des trois fils du roi de Serendip. Ce conte pose en 1302 les fondements de ce qu’Horace Walpole nommera en 1754, serendipity faisant référence à ces trois princes : « making discoveries, by accident & sagacity, of things they were not in quest of »

L’histoire de la sérendipité s’est construite autour de ces deux termes – accidents et sagacité – auxquels se sont ajoutés les idées d’imprévu, de hasard et d’imagination dans le processus de découverte. La sérendipité peut relever de l’erreur, de la chance, de la maladresse ou de circonstances inattendues mais, dans tous les cas, il a fallu un esprit curieux et préparé pour faire une interprétation réussie de choses qu’il ne recherche pas (rayons X, Post-it ou musique concrète)

Ce livrer retrace des cas de sérendipité puisés dans les sciences (médecine, chimie, mathématiques, physique nucléaire, sociologie, anthropologie, droit, urbanisme…), les arts (littérature, musique, théâtre, peinture…), la politique, la psychanalyse, le management et l’Internet. Mais la sérendipité œuvre aussi dans notre imaginaire collectif et dans notre vie quotidienne. C’est pourquoi les expériences vécues, les aventures, les contes et même l’histoire du vin et de la cuisine nous montrent la richesse de ce phénomène nomade qui traverse les frontières de l’imagination humaine.

La sérendipité peut-elle s’enseigner en théorie et en pratique ? Peut-on, par la réflexion, la formation et l’exercice, apprendre à réagir, de façon créative, à la surprise ? Pour la première fois, chercheurs, artistes et philosophes, réunis pendant une décade à Cerisy, tentent d’explorer les multiples approches de ce phénomène universel et idée forte et de les transmettre de façon ludique, critique ou passionnée au grand public.

Les auteurs :

Danièle Bourcier, directrice de recherche au CNRS et membre du comité d’éthique des sciences (COMETS). Elle étudie les interactions entre sciences du droit et monde numérique et s’intéresse aux décisions et aux lois complexes comme sources d’effets imprévus.
Pek van Andel, chercheur en sciences médicales à l’Université de Groningue. Spécialiste mondial de la sérendipité, il a écrit le premier article sur ce thème dans British Journal for Philisophy of Science en 1994 et donne de multiples conférences sur le sujet.

Miser sur l’imprévu

Miser sur l’imprévu (Véronique BOUCHARD, Thierry PICQ, Ed° Gualino, 2005)

4ème de couverture :

Ce livre est consacré à la vie cachée des entreprises. Il nous fait prendre conscience de l’omniprésence, de l’importance, mais aussi de la grande richesse de l’imprévu dans leur fonctionnement et leur évolution.

Les entreprises sont, en effet, le siège d’une multitude de phénomènes « émergents » – idées, initiatives locales, projets autonomes, expérimentations diverses – qui échappent aux orientations stratégiques et aux procédures définies par les dirigeants mais qui jouent un rôle crucial dans les processus d’innovation et de renouvellement stratégique. Etre ouvert à l’imprévu et être capable d’en tirer parti est maintenant un avantage concurrentiel indéniable.
Après avoir démontré l’importance des phénomènes émergents, les auteurs nous expliquent, démonstrations pratiques à l’appui sous la forme de mini-cas, comment et par quels moyens les dirigeants peuvent « miser sur l’imprévu ». Ils dressent un bilan réaliste des pratiques du « management de l’émergence » en insistant sur les changements que ce modèle impose en termes de philosophie managériale et de style de leadership.

Les auteurs :

Véronique Bouchard et Thierry Picq enseignent tous deux à l’EM Lyon. Forts d’une longue expérience de conseil, ils aiment aborder avec pragmatisme et clarté les sujets les plus complexes et s’intéressent aux articulations entre organisation établie et initiative individuelle, changement induit et changement émergent, qu’ils abordent à partir de leur discipline première : la stratégie pour Véronique Bouchard et le management pour Thierry Picq.

L’imprévu ou la science des objets trouvés

L’imprévu ou la science des objets trouvés (Jean JACQUES Ed° Odile Jacob, 1990)

4ème de couverture :

Jean JACQUES, chimiste inspiré, écrivain amusé, se fait ici le chantre débonnaire de cet esprit de disponibilité qui permet les hasards heureux de la recherche, les trouvailles expérimentales, les bonheurs de rencontre. Historien de la chimie à l’érudition pétillante et joviale, il nous convie à assister à certaines de ces découvertes inattendues, se joue de toutes les tentatives pour prévoir ou prédire l’avenir, préférant s’en remettre à la « soif d’errer à la rencontre de tout » qui déjà inspirait André Breton.

Eloge de l’imprévu, ce livre alerte témoigne de ce qui fait l’esprit de la recherche expérimentale et de ces moments où, « tout sentiment de durée aboli dans l’enivrement de la chance, un très fin pinceau de feu dégage ou parfait comme rien autre le sens de la vie »

Jean JACQUES est l’auteur en particulier des « Confessions d’un chimiste ordinaire »

Innovez ! Une injonction des parties prenantes

Innovez ! Une injonction des parties prenantes :

Dans le monde économique, la pression est forte, les difficultés importantes … Concurrence ? Mondialisation?

La pression concurrentielle n’est pas nouvelle, elle a toujours obligé les entreprises à s’adapter et les managers y sont formés dans les écoles. La mondialisation n’est pas, non plus, un phénomène nouveau : elle est même, au XVème siècle, la raison du financement des bateaux de Christophe COLOMB, puis de VASCO DE GAMA, après les expéditions de MARCO POLO ! Le management devrait y être préparé … Ne serait-ce pas la difficulté d’innover sans cesse que révèlent ces justifications ?

La montée récente des concepts de développement durable et de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) contraint l’entreprise (et les hommes et les femmes qui la dirigent et qui y travaillent) à ne plus répondre seulement à des impératifs comptables, ni seulement à des lois dites d’offre et de demande. Les anglo-saxons disent qu’elle ne doit plus se préoccuper uniquement des shareholders (actionnaires) mais des stakeholders (traduit en français par « parties prenantes », beaucoup moins expressif).

  • Le mot stakeholders est construit par analogie avec shareholders (share = action /  stake = intérêt). Les stakeholders ou parties prenantes représentent l’ensemble des personnes ou organisations directement ou indirectement concernées par la marche d’une entreprise.

S’adresser et répondre à l’ensemble des « parties prenantes » signifie se préoccuper à la fois des actionnaires, des  investisseurs, des clients, des fournisseurs, des concurrents, des employés, des partenaires, des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, des associations, des ONG, des médias, etc., c’est à dire de tous ceux (personnes physiques ou morales) qui peuvent être concernés, de près ou de loin par l’entreprise… Et l’on sait bien que parmi tous ces « intérêts » nombre d’entre eux sont  parfaitement incompatibles.

L’innovation et le changement, absolument nécessaires, ne sauraient donc se limiter à de nouveaux produits ou services, ni à de nouveaux marchés ou segments de clients : tous les champs doivent être explorés pour, non seulement survivre, mais aussi améliorer la performance et la compétitivité.
La créativité doit s’exprimer dans toutes les directions…

Peter DRUCKER : les 7 sources d’innovation


L’inattendu, première source d’innovation

Il est clair que l’innovation et le changement sont nécessaires, conditions de différenciation, de dynamisme ou de survie. Il est clair également que nous ne parlons pas seulement d’innovation de produits (même si c’est sans doute le plus visible et le plus intéressant en communication) mais que c’est dans toutes les directions que créativité et innovation doivent s’exprimer.

Dès lors, il est intéressant de relire Peter DRUCKER et son classique « Les Entrepreneurs » (traduction française d’un des ses ouvrages phares au titre plus pertinent « Innovation and entrepreneurship »).

Dans cet ouvrage, DRUCKER décrit sept sources d’innovation :

  1. L’imprévu : la réussite, l’échec, l’événement extérieur inattendus
  2. La contradiction entre la réalité telle qu’elle est et telle qu’elle « devrait être » ou telle qu’on l’imagine
  3. L’innovation qui se fonde sur les besoins structurels
  4. Le changement qui bouleverse la structure de l’industrie ou du marché et prend tout le monde au dépourvu
  5. Les changements démographiques
  6. Les changements de perception, d’état d’esprit et de signification
  7. Les nouvelles connaissances, scientifiques ou non

Un peu plus loin, DRUCKER précise que l’ordre dans lequel ces différentes sources sont citées puis étudiées n’est pas arbitraire : elles  sont classées par ordre décroissant de fiabilité et de prévisibilité.

Il précise :

Malgré tout l’éclat, tout le caractère ostensible et important de l’innovation scientifique, c’est en réalité la forme la moins fiable et la moins prévisible. A l’inverse, l’analyse discrète et on ne peut plus banale des signes de changement, tels que le succès ou l’échec imprévu, présente assez peu de place à l’incertitude. Les innovations qui en sont issues offrent habituellement le plus court délai entre le démarrage d’une affaire et l’obtention de résultats mesurables, qu’ils consacrent l’échec ou la réussite.

Le chapitre suivant (chapitre 3) de l’ouvrage est ainsi intitulé « PREMIERE SOURCE : L’IMPREVU », et comporte 3 parties : les succès imprévus, les échecs imprévus, les évènements imprévus.

Imprévu s’oppose à prévu. Mettre en avant le rôle et l’importance de l’imprévu aujourd’hui, alors que  l’entreprise consacre des efforts inouïs à vouloir tout maîtriser, et que l’on forme les managers avec des solgans tels que « gérer c’est prévoir », une lecture littérale de l’ouvrage de DRUCKER (en français) nous offre un magnifique paradoxe : prévoir et gérer (dans la continuité et le conformisme) ou accepter l’imprévu (première source d’innovation).

Dans le livre source,  “Innovation and entrepreneurship”, Peter DRUCKER utilise, à chaque fois, le mot “unexpected”, qu’il me semble alors préférable de traduire par inattendu.

Retenons alors que la source d’innovation à étudier en premier serait l’inattendu. Nous sommes incités à nous intéresser aux succès inattendus, aux échecs inattendus, aux évènements extérieurs inattendus, c’est à dire à la sérendipité, art de trouver quelque chose que l’on ne cherchait pas …

Il y a plusieurs façons d’être sensible à l’inattendu, on peut même le provoquer, dans un objectif de créativité. En étudiant la sérendipité, les différentes formes que peut revêtir ses manifestations, on peut, à l’aide de techniques simples, aller dans le sens de Peter DRUCKER, et ne pas oublier la célèbre phrase de Louis PASTEUR : « le hasard ne favorise que les esprits préparés » (il en est donc de même pour … la sérendipité!).

inventions et hasard (site l’internaute )

Le hasard fait parfois bien les choses. Voici 15 inventions qui n’auraient jamais vu le jour s’il n’avait pas mis son grain de sel. …

la suite sur le site l’internaute

http://www.linternaute.com/science/magazine/inventions-et-hasard/

Sérendipité et trouvailles

Il n’est pas nécessaire de connaître le mot sérendipité et le phénomène de la sérendipité pour faire des trouvailles ! Mais une certaine connaissance du mot, du phénomène, des types et des cas de sérendipité aide probablement à réagir de façon optimale quand on fait une observation étonnante

Pek Van ANDEL, Danièle BOURCIER (in De la sérendipidité … Leçons de l’inattendu, Ed° Act Mem)

Paradoxe de Ménon

Il n’est pas possible à l’homme de chercher ni ce qu’il sait ni ce qu’il ne sait pas ; car il ne cherchera point ce qu’il sait parce qu’il le sait et que cela n’a point besoin de recherche, ni ce qu’il ne sait point par la raison qu’il ne sait pas ce qu’il doit chercher.

PLATON ( Ménon )

Une liste d’exemples (Wikipedia)

Wikipedia recense de nombreux exemples de découvertes et inventions liées au hasard.

Cette liste (reprise sur d’autres sites internet) va bien au delà du monde de l’entreprise;  certains cas sont parfois contestée (n’oubliez pas de jeter un oeil sur  l’onglet ‘discussion’ de la page wikipedia)

lien vers la page :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_découvertes_et_inventions_liées_au_hasard

Ouest France du 10 janvier 2011

Ouest France du 10 janvier 2011 :

… Il est souvent dit que les plus grandes inventions sont le fruit du hasard ou de concours de circonstances. Le nouveau concept de clôture récupératrice d’eau proposé par une entreprise d’Ancenis (Loire-Atlantique), Ecol’eaumur, en est un parfait exemple. …

En PdF : ouest-france.fr – Ils inventent la clôture récupératrice d’eau

Lien vers l’article :